SFDR 2 : Rendre la finance durable lisible, comparable et utile

1/7/20262 min read

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De la transparence réglementaire à une information réellement exploitable

La finance durable européenne poursuit un objectif clair : permettre aux épargnants de comprendre comment leur capital est investi et d’intégrer leurs préférences de durabilité dans leurs décisions.

Avec la SFDR, la taxonomie européenne et la CSRD, le cadre réglementaire s’est considérablement renforcé.

Cependant, l’expérience de terrain montre un décalage croissant entre la sophistication des normes et leur utilisation réelle dans le conseil. L’information ESG est abondante et juridiquement encadrée, mais reste difficilement comparable, peu lisible pour le client final et complexe à exploiter pour les distributeurs.

Le constat : une complexité qui fragilise le conseil

Aujourd’hui, la responsabilité de l’intégration des préférences de durabilité repose principalement sur le vendeur final — courtier, conseiller ou gestionnaire de patrimoine — alors même qu’il ne maîtrise ni les méthodologies ESG ni leur comparabilité.

Cette asymétrie accroît le risque juridique, nourrit la confusion pour l’épargnant et affaiblit la crédibilité de la finance durable.

L’enjeu n’est plus d’augmenter le volume d’information, mais de la transformer en information claire, comparable et utilisable dans une situation concrète de conseil.

Retour d’expérience SFDR 1 : beaucoup de moyens, peu de lisibilité

La première phase de la SFDR a conduit les acteurs financiers à développer leurs propres dispositifs ESG, souvent lourds et coûteux.

Faute de référentiel commun, chaque organisation est devenue cohérente avec elle-même, sans devenir comparable aux autres.

Résultat : une inflation organisationnelle importante, des coûts élevés et une lisibilité limitée pour le marché comme pour le client final.

SFDR 2 : une opportunité de changement d’architecture

La réforme SFDR 2 marque une étape clé. Elle vise à clarifier les objectifs des produits financiers et à renforcer la protection de l’investisseur.

Mais pour atteindre pleinement ces objectifs, un élément devient central : la normalisation de la mesure de la durabilité.

SFDR 2 appelle non pas à uniformiser les stratégies d’investissement, mais à garantir que la durabilité est mesurée selon des règles communes, quels que soient l’acteur ou l’usage.

Le chaînon manquant : une notation ESG quantitative uniforme

Avec la CSRD, l’Europe dispose désormais de données extra-financières normalisées au niveau des entreprises.

Ce qui manque encore, c’est un mécanisme commun permettant de transformer ces données complexes en indicateurs comparables, stables et auditables, utilisables :

  • dans la structuration des produits financiers,

  • dans le devoir de conseil,

  • et dans la supervision.

Une notation ESG quantitative uniformisée constitue ce langage commun. Elle relie la donnée CSRD à l’information fournie au client final, tout en réduisant la complexité organisationnelle et les coûts.

Une finance durable crédible et soutenable

Normaliser la mesure de la durabilité, ce n’est pas rigidifier le marché.

C’est lui donner un socle commun, au service de la lisibilité, de la protection du client et de la sécurité juridique des professionnels.

La finance durable ne sera pleinement crédible que lorsqu’elle reposera sur une information compréhensible, comparable et maîtrisée tout au long de la chaîne de valeur.